Accueil
 
 
 
 

De la Déconstruction du service public d’orientation de l’Education Nationale

On assiste actuellement à une déconstruction sournoise du service d’orientation. Cette déconstruction exprime la volonté du pouvoir d’inféoder le système éducatif aux intérêts économiques de court terme. Souvent ce processus bénéficie d’une complicité des régions qui ont le tord de considérer cette question au travers du prisme déformant de la formation professionnelle extra-scolaire. Côté syndical, nul ne sera étonné d’apprendre que cette dérive s’accompagne de l’appui de la CFDT. Indice supplémentaire du glissement de la centrale vers un social-libéralisme puisé aux sources des Think Tanks, type Terra Nova.   Le Front Populaire avait instauré les premiers services d’orientation, initialement uniquement professionnelle. Le développement et l’évolution de ce service en «orientation scolaire et professionnelle» ont accompagné dialectiquement l’évolution du système éducatif au au cours de la seconde moitié du 20éme siècle. Dès les débuts de l’orientation professionnelle, les conseillers d’orientation ont attiré l’attention sur les enfants qui restaient scolarisés dans les écoles primaires qui auraient pu raisonnablement envisager d’accéder aux établissements du premier cycle du second degré. Il se sont révélés des acteurs de la promotion sociale, persuadant nombre de parents de soutenir une ambition élevée pour leurs enfants. Dans les années 50, les moyens psychotechniques ont constitué l’outil d’une telle émancipation.   Cette activité des conseillers d’orientation n’allait pas sans contradiction avec la logique institutionnelle.Selon les critères du système éducatif, une orientation réussie se confirmait par le succès des inscriptions aux filières ouvertes par l’administration. A Contrario, pour les conseillers l’orientation réussie se définit par une décision à laquelle les jeunes et les familles sont parties prenantes où l’élève s’approprie son avenir.   A cette contradiction s’ajoute l’intervention du patronat dont la motivation profonde est le besoin en main d’oeuvre du «prêt-à-l’emploi». Il s’agit de disposer d’une armée de réserve qualifiée pour assurer la modération salariale. Dans les années 70, suite au démantèlement des propres structures de formation du patronat, les commis voyageurs de l’IUMM font le siège des collèges pour guider les élèves vers les formations qui servent ses intérêts. faute de renoncer à l’exigence d’une éducation de qualité pour tous, les conseillers d’orientation psychologue étaient souvent accusés d’agir contre l’emploi industriel. Mieux encore, aux noms de leurs intérêts de court-terme., les IUMM ont défendu l’abandon d’une orientation coélaborée avec le jeune. L’intrusion des IUMM se révéla un fiasco au bout de 10 ans.   Aujourd’hui, avec la casse du système éducatif, le gouvernement vise à faire du service d’orientation une coquille vide. Il nie la spécificité éducative de l’orientation de la formation initiale et tente de noyer les CIO dans de nébuleuses «Maison de la formation et de l’emploi» où les objectifs éducatifs de long terme sont balayés au profit des besoins immédiats des entreprises. Nous sommes loin de l’ambition d’une véritable éducation des jeunes à l’entrée dans la vie active et citoyenne.