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Que faire pour aider concrètement le peuple grec ?

Poser la question aux militants des dispensaires et centres sociaux grecs appelle toujours la même réponse : « commencez par virer vos gouvernements qui soutiennent la politique austéritaire de l’Union Européenne ! ».

Cette évidence politique ne souffre guère de discussion. C’est sa mise en œuvre qui suscite des débats.

Face à l’Eurogroupe qui défend l’intérêt des créanciers et de la finance, 3 choses ont manqué à Syriza pour sortir le pays de l’austérité et de la crise humanitaire.

  • La première, c’est l’absence de mobilisation sociale pour porter les revendications de la population. Le peuple a été tenu à l’écart des négociations avec l’Eurogroupe et lorsque son avis a été sollicité (référendum du 5 juillet), il n’en a pas été tenu compte.
  • La seconde est le refus d’utiliser les résultats de l’audit mené par la commission pour la vérité sur la dette grecque. Cet audit, commandité par le Parlement, qualifie la dette publique d’illégitime, d’illégale, d’odieuse et d’insoutenable. Un moratoire sur le paiement de la dette eut changé le rapport de forces en faveur de la Grèce contre l’Eurogroupe.
  • Enfin, il a manqué au gouvernement grec un programme politique de sortie du néolibéralisme, un peu comme celui adopté en 2011 par Syriza: abrogation des mesures d’austérité, audit et suspension de paiement de la dette, contrôle citoyen des banques, mesures de justice fiscale... Il eut fallu ajouter la réponse à la question de l’euro, brutalement posée par la BCE qui a mis en place un coup d’Etat financier.

Résultat : aujourd’hui, le gouvernement grec se trouve placé sous la tutelle du « quartet » (BCE, Commission Européenne, Mécanisme Européen de Stabilité et FMI) qui a succédé à la Troïka depuis la signature le 13 juillet du 3ème mémorandum.

Ce 3ème plan d’ajustement structurel va aggraver la situation du peuple grec, dans le domaine sanitaire et pour l’ensemble de ses besoins fondamentaux.

Alors, que faire pour aider concrètement le peuple grec ?

Face à cette Union Européenne néolibérale, il est indispensable de retrouver le chemin de la solidarité ouvrière internationale :

  • En participant aux initiatives des collectifs unitaires de soutien au peuple grec et des associations comme Bretagne-Grèce Solidarité Santé (1) qui organise la collecte et l’acheminement de matériel médical, de médicaments et d’argent à destination des dispensaires autogérés.
  • En permettant la rencontre entre secteurs en lutte de différents pays européens.
  • En enrichissant nos programmes politiques de l’audit citoyen de la dette et de la remise en cause des dettes illégitimes, illégales, odieuses et insoutenables.

Etre solidaire du peuple grec, c’est d’abord défendre nos intérêts contre ceux de la finance !

Pascal Franchet, vice-président du CADTM France

 

  1. L’association Bretagne-Grèce Solidarité Santé a été créée par les collectifs de soutien au peuple grec présents en Bretagne. Contact : bretagne.sante.grece@gmail.com

 

 

 

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