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Déclaration commune de citoyens, d’associations et d’organisations d’Ille et vilaine dans le prolongement de l’appel unitaire « Nous ne céderons pas »

Déclaration commune de citoyens, d’associations et d’organisations d’Ille et vilaine dans le prolongement de l’appel unitaire « Nous ne céderons pas » signé au plan national par plus de 70 organisations (Voir texte ci-après).

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Ce document a été élaboré dans le prolongement de l’appel unitaire national « Nous ne céderons pas » signé par plus de 70 associations et organisations au plan national. Il a été élaboré dans le cadre du collectif « Tout Rennes Cultive la Paix » au cours de 2 réunions réunissant 30 personnes appartenant à des organisations aux références philosophiques, syndicales, religieuses très différentes (Mouvement de la Paix, Aredap, Art et Paix, CGT, JOC,MRJC, ARAC, Ensemble, PCF, ACE, Sortir du nucléaire, ATD Quart Monde, CADTM).

Toutes les personnes, associations et organisations souhaitant signer cet appel doivent faire connaitre leur accord par mail adressé à rennes@mvtpaix.org

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APPEL DEPARTEMENTAL 35

Combattre le terrorisme par la paix, la démocratie, la réalisation des droits humains, l’engagement …

 L’ensemble des organisations d’Ille et Vilaine signataires de cet appel tiennent à témoigner de leur  soutien et de leur solidarité à l’ensemble des familles touchées par la tragédie du vendredi 13 novembre.

Ces attentats, perpétrés sur des lieux de culture et de vie, frappent et concernent chacune et chacun d’entre nous, toutes les populations de toutes religions, origines ou nationalités et particulièrement la jeunesse.

Les attentats qui ont touché la France, frappent les populations partout dans le monde, comme à Beyrouth au Liban, en Turquie, en Russie, à Bamako au Mali,  ou tout dernièrement à Tunis...

Notre solidarité s’adresse à toutes les victimes de ces assassinats.

Derrière ces atrocités, des discours guerriers  trop souvent entendus reviennent à grands pas.

La guerre ne règle rien, au contraire.

Les lieux de tensions et conflits se multiplient avec leurs cortèges de morts, de destructions, de désolation et de haine. Les multiples interventions militaires (en Afghanistan, en  Irak, en Lybie, en Syrie, etc.), non seulement n’ont pas instauré la démocratie mais  ont généré un appauvrissement des populations, des centaines de milliers de victimes, une impasse économique et sociale et une quasi destruction des Etats. C’est sur ce terreau que le terrorisme se développe, poussant des populations entières sur le chemin de l’exil.

Il existe d’autres formes de fermeté que le langage de guerre et la loi du talion.

Le préambule de la constitution de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) en 1919, la Charte des Nations Unies en 1945, les résolutions des Nations Unies de 1999 et 2000 pour la promotion d’une Culture de la Paix affirment avec force qu’une paix durable ne peut se construire qu’à travers la justice sociale et la réalisation concrète de tous les droits humains (économiques, sociaux, politiques, culturels…) .

On est loin des discours guerriers !

Nous réaffirmons les valeurs de paix et de fraternité, de démocratie, de liberté, de laïcité, nécessaires au bien vivre ensemble.

Nous sommes favorables à la fois à un  renforcement de la sécurité humaine et à un  renforcement des libertés des citoyens.

Le développement des services publics  nécessaire à une sécurité humaine ne peut se limiter aux seuls effectifs de police et de gendarmerie, mais doit intégrer l’éducation, la culture, la justice, la politique de la ville, la santé… et ne doit s’accompagner d’aucune restriction des libertés individuelles et collectives.

De même, combattre, écarter les formes de radicalisation passe avant tout par le respect des droits fondamentaux d’accès à l’éducation, à la culture, à la santé et à l’emploi.

Ce n’est pas une quelconque modification de la constitution qui permettra de résoudre les problèmes sociaux en France, ni de tarir les sources de financement et d’armement des terroristes. Il est plus efficace pour cela de stopper la vente du  pétrole par Daesh, de bloquer ses circuits et ses avoirs  financiers, de démanteler ses réseaux d’approvisionnement en armes. De la même manière il faut arrêter tout commerce d’armes, en premier lieu avec les Etats qui entretiennent des liens avec les terroristes. Il faut d’ailleurs souligner que l’Etat français est le 2ème pays vendeur d’armes au monde après les USA et devant la Russie et la Chine.

La priorité doit être donnée à la recherche de solutions multilatérales dans le cadre de l’ONU.

Les organisations signataires refusent que les salariés et la population, à travers des modifications de la constitution, soient placés de fait dans un état d’urgence permanent.

Cette situation douloureuse touche la conscience de chacun(e) des citoyen(ne)s.

Nous appelons tous les citoyens à résister partout  à toutes les formes d’amalgame (islamophobie, xénophobie etc..) et à veiller à ne pas se laisser piéger par des discours belliqueux ou racistes qui contribuent à opposer une partie de la population à une autre.

C’est bien le combat pour la justice sociale et la réalisation concrète de tous les droits humains qui fera reculer le fondamentalisme, la xénophobie, le racisme, l’obscurantisme, les guerres et le terrorisme.

Nous encourageons tous les citoyens à appuyer le dialogue, la démocratie, les valeurs républicaines, à s’engager dans les syndicats et les associations pour contribuer à faire avancer collectivement ces objectifs.

Rennes le 27/11/2015

 

Appel national « nous ne cèderons pas »

 

 Nous ne céderons pas !

 

Ceux qui, au nom de Daech, ont fait subir à Paris et à Saint-Denis un moment d’inhumanité absolue ne nous feront pas céder. Rien ne peut justifier ces assassinats, ici ou ailleurs. Chacune des victimes vit en nous parce que nous appartenons à la même humanité. Notre solidarité à leur égard et à l’égard de leurs familles est totale. Ce crime est immense mais c’est en continuant à vivre librement et fraternellement que notre réponse sera à la hauteur.

Nous ne sommes pas naïfs : nous savons que ces actes de terrorisme appellent des réponses à la mesure du danger qu’ils représentent. Comme nous savons que le rôle des forces de l’ordre et de la justice est essentiel pour protéger nos libertés. Mais cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir aux réponses que notre société doit apporter à ces actes et à celles déjà mises en oeuvre.

C’est la démocratie qui est mise à mal quand le Parlement est appelé à délibérer d’un jour à l’autre, sous la pression de l’émotion et les assauts de démagogie de responsables politiques qui cultivent la peur.

Après la prorogation de l’état d’urgence et l’extension des pouvoirs de police, d’autres mesures sont encore annoncées par le président de la République.

Il nous paraît essentiel de rappeler que rien ne doit nous faire sortir de l’Etat de droit et nous priver de nos libertés. L’état d’urgence ne peut devenir un état permanent et les conditions de sa mise en oeuvre ne sauraient entraver la démocratie sociale, l’exercice de la citoyenneté et le débat public.

Depuis 1986, les lois accordant plus de pouvoirs aux forces de l’ordre, organisant une justice d’exception et restreignant nos libertés, au prétexte de lutter contre le terrorisme, s’empilent. L’adoption d’autres dispositifs législatifs, y compris d’ordre constitutionnel, exige de poser la question de leur efficacité et de l’atteinte supplémentaire aux libertés qu’ils constituent. Avant de modifier la loi et de conférer à l’Etat des pouvoirs accrus, il faut que celui-ci s’interroge sur ce qui n’a pas permis d’éviter une telle abomination. La réponse des autorités se veut martiale, elle n’est pas une assurance de sécurité et ne garantit en rien le respect de nos libertés.

Vouloir priver de leur nationalité jusqu’aux personnes nées françaises, c’est délivrer une nouvelle fois le message d’une France divisée. Le silence du président de la République, lors de la réunion du Parlement, sur l’indispensable engagement de l’Etat en faveur de l’égalité des droits, de la justice sociale, sur le développement des services publics, contre toutes les discriminations et contre toutes les manifestations de racisme accroît dramatiquement le sentiment d’exclusion que vit toute une partie de notre peuple. Il donne ainsi un peu plus corps à la stigmatisation croissante qui s’exerce mettant en péril notre volonté de vivre ensemble.

Nous voulons que ces dramatiques événements soient, au contraire, l’occasion de construire un autre chemin que celui qui nous est proposé. Un chemin qui refuse de désigner des boucs émissaires et qui refuse que la France soit en guerre contre elle-même. Un chemin qui donne à la paix et à l’égalité des droits toute leur place et qui s’engage en faveur d’une France solidaire, ouverte à l’autre, accueillante, libre et fraternelle.

Pour nos libertés, pour une société où la fraternité a toute sa place, nous ne céderons pas à la peur dans laquelle veulent nous faire vivre ceux et celles qui font de la mort leur raison de vivre.

Nous appelons les femmes et les hommes de ce pays à rester solidaires et à lutter contre toute forme de racisme. Nous appelons aussi à la défense des libertés car nous ferons prévaloir en toutes circonstances notre liberté d’information, d’expression, de manifestation et de réunion. Nos organisations construiront, partout en France, ces lieux qui nous permettront de débattre et nous exercerons une vigilance permanente afin que nos droits et libertés soient préservés et que nul ne soit victime de discriminations.

Signataires :

AFD International, Agir pour le changement démocratique en Algérie (Acda), Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (Acort), Association des Marocains en France (AMF), Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Association des Tunisiens en France (ATF), Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine (Aurdip), Association française des juristes démocrates (AFJD), Association France Palestine solidarité (AFPS), Association Grèce France Résistance, Association interculturelle de production, de documentation et de diffusion audiovisuelles (AIDDA), Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes musulmanes (ARDLFM), Associations démocratiques des Tunisiens en France (ADTF), Attac, Cadac, Cedetim, Confédération générale du travail (CGT), Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal), Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), Collectif 3C, Collectif des 39, Collectif des féministes pour l’égalité (CFPE), Comité pour le développement et le patrimoine (CDP), Comité pour le respect des libertés et des droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT), Commission islam et laïcité, Confédération syndicale des familles (CSF), Collectif des musulmans de France (CMF), Coordination des collectifs AC !, Droit au logement (Dal), Droit solidarité, Droits devant !!, Emmaüs France, Emmaüs International, Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR), Fédération nationale de la Libre pensée, Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH), Filles et fils de la République (FFR), Fondation Copernic, Fédération syndicale unitaire (FSU), Genepi, Ipam, La Cimade, La Quadrature du Net, Le Mouvement de la paix, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Le Gisti, Les Amoureux au ban public, Les Céméa, Maison des potes, Mamans toutes égales (MTE), Médecins du monde, Mrap, OIP - section française, Organisation de femmes égalité, Planning familial, Réseau éducation sans frontières (RESF), Réseau euromaghrébin culture et citoyenneté (REMCC), Réseau Euromed France (REF), SNPES-PJJ/FSU, Snuclias-FSU, Syndicat des avocats de France (Saf), Syndicat national des journalistes (SNJ), Unef, Union des travailleurs immigrés tunisiens (Utit), Union juive française pour la paix (UJFP), Union nationale lycéenne (UNL), Union syndicale de la psychiatrie (USP), Union syndicale Solidaires

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