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Licenciements, journées chômées, avenir obéré : les raisons de la colère à PSA LA JANAIS

2 juin 2015 : 800 ouvriers de l’usine de PSA Rennes-La Janais cessent le travail.

8 juin : une centaine d’ouvriers débrayent à nouveau. En cause, l’annonce par la direction de la suppression d’une prime de 110 euros par mois (soit un mois de salaire sur l’année !).

Puis, quasi quotidiennement jusqu’au 18 juin, une centaine d’ouvriers débraye à l’appel de la CGT, contre les huit demi-heures supplémentaires que la direction avait programmées pour rattraper sa production.

Mais aussi la fin du transport par cars de 300 ouvriers. Les huit lignes qui servent à les acheminer à l’usine seront supprimées (PSA « économiserait » ainsi 400 000€ par an). Double peine donc pour les ouvriers qui habitent loin.

16 juillet : les salariés apprennent que 62 de leurs collègues seront transférés fin 2015 au groupe d'ingénierie Segula. Sur les chaînes, on parle d'un 49.3 social.

Tandis que la Direction de PSA annonce du sureffectif la CGT s’insurge : « les salariés ont du mal à effectuer leur travail dans de bonnes conditions ».

Mais la Direction veut encore aller plus loin. Déjà les équipes de nuit et d’après-midi sont supprimées alors que la production baisse. Il reste une équipe du matin (de 5h39 à 13h), que la direction veut passer en horaires de jour tout en imposant une « garantie journalière de production ». Cela obligerait les ouvriers à rester sur le site tant que le plan quotidien n’est pas atteint pour rattraper les pertes dues notamment aux pannes des installations.

Depuis des années le climat dans l’usine se dégrade; aux licenciements (1400 en 2013, 400 en 2015) succèdent les journées de chômage technique (90 en 2013, 50 en 2014 et 15 en 2015).

Pour 2016, la direction annonce une production de 64 634 véhicules et… une quarantaine de jours chômés et 280 emplois supprimés.

Faiblesse du plan de charge, licenciements, journées chômées : l’avenir du site de la Janais ainsi que toute la filière automobile en Bretagne sont menacés.

Il faut donc impérativement que PSA s’engage sur un nouveau véhicule à produire à Rennes La JANAIS avant 2020 comme le demandent la CGT et le PCF.

 

Appel des élus

PSA La Janais COOPER STANDARD, BRETAGNE ATELIERS, FAURECIA ....

Nous sommes tous concernés par les suppressions d’emplois

Nous sommes tous concernés par les suppressions d’emplois. Nous sommes des élus, des militants politiques, des syndicalistes, de toutes sensibilités, nous considérons que l'avenir de l'usine PSA de La Janais et de la sous-traitance concerne et préoccupe toute la population. Nous décidons de rendre public cet appel pour assurer les salariés de PSA et leurs organisations syndicales du soutien qu'ils trouveront dans la population pour empêcher les nouvelles suppressions d'emplois qui se profilent à PSA et dans toute la filière automobile d'Ille et Vilaine. Depuis 2005, les effectifs de La Janais sont passés de 12 000 salariés à 4 000 aujourd'hui. L'usine sortait alors plus de 300 000 véhicules de ses trois chaînes. La prévision n'est que de 60 000 en 2015 sur l'unique chaîne restante. La Direction annonce encore 400 suppressions d'emplois pour 2015. A ce stade, il est évident que l'usine est menacée de fermeture. L'usine de Cooper Standard à La Barre Thomas est également menacée de disparition. En 2011 la Direction avait présenté aux salariés la fusion de Goma avec Cooper comme la meilleure garantie de pérennité du site ... Ce déclin sans précédent entraîne tous les sous-traitants et équipementiers. Certains ont déjà dû fermer comme Visteon, Faurecia à Redon, Omnium Plastiques à Guichen, les autres ont licencié des centaines de salariés : Sanden, Delphy, Lear, Parker-Legris, Bretagne Ateliers...... Ces usines qui licencient ont pourtant reçu de l'argent public à flot : · PSA en particulier ; Le groupe a reçu cette année 140 millions d'euros au titre du Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE), 125 millions au titre du crédit d'impôt recherche. En 2014, le site de La Janais à Chartres de Bretagne aura reçu au moins 14 millions d'euros pour l'indemnisation du chômage partiel. · Chez Cooper Standard, la Direction a reçu 1,5 million d’euros au titre du CICE en 2013 et 1,2 million d'euros pour le premier trimestre 2014. · Depuis 2008 les gouvernements qui se sont succédés ont ainsi versé des milliards aux grands groupes de l'automobile sans que pour autant ces versements n'empêchent le moindre licenciement. Ils ont, au contraire, formulé des exigences toujours plus exorbitantes. Aujourd'hui, le nouveau Président du directoire de PSA exige des pouvoirs publics locaux que le groupe reçoive 140 euros de la part des collectivités territoriales pour chaque future voiture produite à La Janais. Ce serait la compensation d'un prétendu surcoût par rapport à l'usine de Sochaux. Bref, il n'y a aucune limite au chantage. La politique du Gouvernement actuel est totalement compromise dans ce véritable désastre social. Aujourd'hui actionnaire de PSA, comme il l'est de Cooper Standard via le Fond de Modernisation des Équipementiers automobiles, il est coresponsable de ces plans sociaux successifs. Cet état de fait est clairement apparu dans le soutien de l'ancien Ministre Montebourg au plan Varin qui a conduit à 1 400 suppressions d'emploi à La Janais en 2013, après celui de 1 750 suppressions en 2009-2010. Nous ne pouvons accepter une telle situation. Rien ne doit plus justifier les licenciements. · Rien ne justifie que des centaines de familles soient privées d'un salaire dignement acquis au moyen d'un véritable emploi. · Rien ne justifie que des jeunes soient privés d’un vrai salaire pour un vrai travail. · Rien ne justifie que les Collectivités qui ont tant investi pour l'emploi soient aujourd'hui contraintes de multiplier les secours pour leurs administrés, alors que les dotations de l'Etat s'amenuisent d'année en année. Nous réaffirmons que le travail est un droit ; Que c’est l'un des premiers droits du citoyen. Il est temps d'opposer ce droit et de le défendre face aux actionnaires et décideurs des grands groupes. Au-delà de nos sensibilités et engagements divers, nous considérons que c'est de notre responsabilité d’œuvrer à l'union la plus large, pour aider les salariés et leurs organisations à faire barrage aux suppressions d'emplois qui sont annoncées. Par avance, nous répondons à l'argument selon lequel le plan de PSA prévoit des départs volontaires de seniors et qu'à ce titre il serait un moindre mal. Personne ne peut s'opposer au départ des salariés qui sont fragilisés par une carrière sur des postes de travail pénibles. Mais en quoi ce départ souhaité et légitime devrait-il servir de prétexte à la suppression du poste de travail ? Le vœu le plus cher de tout salarié qui part à la retraite n'est-il pas d'être remplacé par un jeune ? Bien évidement il revient aux salariés et aux organisations syndicales de PSA, de Cooper Standard et des sous-traitants de prendre les initiatives qu'ils jugent nécessaires. Pour ce qui nous concerne, en qualité d’initiateurs et signataires de cet appel, il nous revient d’œuvrer à l'unité la plus large des élus, des travailleurs, de toute la population avec les salariés de PSA et leurs organisations syndicales. Par cet Appel, nous en appelons à toutes et tous pour aider à créer la nécessaire mobilisation pour préserver les emplois, à appuyer toutes les initiatives en ce sens. Nous n'avons qu'une ambition : contribuer à sauver les usines de PSA, Standard Cooper, … et sauver tous les emplois. Nous savons qu'il faut maintenant travailler à la mobilisation massive de toute la population brétillienne sur cet objectif. Nous avons décidé d'y œuvrer.

 

Les initiateurs et premiers signataires : (Janvier 2015)  Patricia ALLAIN, commerçante, Pancé; Philippe BONNIN, Maire de Chartres de Bretagne, Conseiller Général du canton de Bruz; Arnaud BORDIER, syndicaliste Poste; Patrick BOULO syndicaliste santé, Redon ; Jean-Yves CHATELAIN, syndicaliste Poste, Conseiller municipal de Janzé; Mickael CHILOU, syndicaliste construction, Rennes; Yves COLNOT, retraité EN, Essé; Pierre CORMIER, Boulanger, Pancé; Sylvie DANIEL, syndicaliste CHGR; Marie-Noëlle DELANOE, Conseillère municipale Chartres de Bretagne; Michel DEMOLDER, Maire Adjoint Pont Péan; Gilles DE BEL AIR, Maire de Noyal-Châtillonsur-Seiche; Marc DERVAL, Maire de Bain sur Oust; Sandrine DUPONT, ouvrière PSA licenciée ; Sylvie FLIOUET, syndicaliste construction ; Mickaël GALLAIS, ouvrier enchaîné, syndicaliste; Joël GARNIER, syndicaliste finances publiques; Daniel GAUBIAC, retraité SNCF; Jean-Luc GAUDIN, Maire de Pont-Péan; Daniel GENDROT, Maire de Crevin; Claude GERARD, Conseiller Municipal, Cesson-Sévigné; Thomas GERVAIS , apprenti boulanger; Liliane GIMENO, professeur, Conseillère municipale Lalleu; François GIMENO, chauffeur de taxi; Philippe GOURRONC, Maire de Goven; Jean François GUERIN, Conseiller Général du canton de Redon; Jean Michel GROISIER, syndicaliste finances publique, Saint Malo; Gaëtan HECQUARD, professeur, syndicaliste; Nicole JANDEKA, ouvrière PSA, retraité; Fabrice JOLYS, syndicaliste Orange; Jean René KERJEAN, cadre, syndicaliste; Mireille LECAER, conseillère en insertion professionnelle, Pancé; Catherine LEGUENNEC, syndicaliste finances publiques; Gaëlle LEMARRE, thérapeute, Pancé; Ronan LHERMENIER, Maire Adjoint Chartres de Bretagne, Conseiller Rennes Métropole; Eliane LOISEL, commerçante La Bosse de Bretagne ; Auguste LOUAPRE, Maire de Bruz; Jean Pierre LUCAS, syndicaliste nettoiement, Rennes; Sophie MAHE, conseillère municipale Guipel; Nicolas MARECHAL, syndicaliste construction, Rennes; Mireille MASSOT, 1ère Vice-Présidente du Conseil Général; Yvon MELLET, Maire de Teillay, Conseiller Général de Bain de Bretagne; Bernard MARQUET, Conseiller Général du canton de Cesson Sévigné; Gilbert MENARD, Maire du Sel de Bretagne, Conseiller Général du canton du Sel de Bretagne; Bernard MESCAM, conseiller municipal, Retiers; Marc MINNI, syndicaliste portuaire, Saint Malo; Didier MOYON, Maire de Vern sur Seiche; Alain MICLARD, 1ier Adjoint au Maire, Chartres de Bretagne ; Franck PICHOT, Conseiller Général du Canton de Pipriac; Jean Sébastien PIERRE, professeur émérite, syndicaliste; Laurent PRIET, syndicaliste retraité CHU; Pierre PRIET, syndicaliste retraité Construction; Jean Marc RACINNE, syndicaliste AFPA, Saint Malo; Anne Cécile RANNOU, commerciale, Rennes ; Pierre-Yves REBOUX, Conseiller Général du Canton de Maure de Bretagne, Président du Pays de Vallons de Vilaine; Maryvonne RICHER, syndicaliste Finances publiques, Rennes; Didier RICOU, syndicaliste métallurgie; Clotilde RIDARD, professeur, Le Theil de Bretagne ; Laure ROBERT, conseillère municipale, Le Theil de Bretagne ; Isabelle ROBIC, syndicaliste enseignante, Rennes; Jean-luc SICRE, syndicaliste, Orange(ex- France Télécom); Patrick SOULIER; Philippe TERRIEN, syndicaliste PSA; Vincent VANNIER, syndicaliste ERDF ; Rodolphe VERGER, syndicaliste CHGR.

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